My Dear Cancer
Mon histoire
J'avais 25 ans quand on m'a annoncé mon lymphome. Je me souviens surtout du flou des jours suivants : trop d'informations, trop de rendez-vous, et l'impression de ne rien maîtriser.
My Dear Cancer est née d'un journal que j'ai tenu pendant ma rémission.
Le déclic
Pendant ma rémission, j'ai tenu un journal. J'y ai retracé mon parcours, du diagnostic aux premiers mois de l'après.
Ce journal m'a permis de poser mes propres mots sur ce que je ressentais, sans en avoir peur. Il est devenu un travail personnel : une façon de laisser sortir toutes les émotions qui se mélangeaient en moi, au lieu de les refouler ou de lutter contre elles. Une fois posés sur le papier, les mots devenaient moins impressionnants.
Et puis j'ai compris une chose. Dans ma solitude et mon isolement, je n'étais en réalité pas seule. D'autres vivaient la même chose, au même moment, chacun de leur côté.
My Dear Cancer est née de là : pour dire à celles et ceux qui traversent cette épreuve qu'ils sont entendus, compris, accompagnés. Et qu'ils ne sont pas seuls à la traverser.
À toi,
Le jour de ma dernière chimiothérapie, je comptais les heures avec les infirmières. Je croyais que la fin des traitements serait une ligne d'arrivée. Qu'après, tout irait mieux.
Puis je suis rentrée chez moi, après trois mois passés chez mes parents. Et je ne savais plus quoi faire de mes journées.
J'étais en rémission. Et je me sentais coupable de ne pas être plus heureuse.
Personne ne m'avait parlé de cet « après »-là.
Ces journaux, ce sont ceux que j'aurais aimé trouver. Ils ne te diront pas comment vivre. Ils sont simplement là pour que tu ne traverses pas ces mois sans repères.
Chloé · extrait du Journal des 30 jours
Pourquoi ce nom
Le nom n'est pas une provocation. C'est la méthode. Chaque journal s'ouvre sur une adresse : écrire à ce que nous avons traversé, plutôt que de le combattre.
Lui dire sa peur, sa colère, sa fatigue. Et parfois ce qu'on a envie de garder. Personne n'a besoin de lire ces lettres. Elles sont à toi.
Ce nom, c'est mon mari qui me l'a proposé. Il a su cerner immédiatement ce que je voulais construire : un lieu où l'on peut enfin s'adresser à la maladie, avec ses propres mots.
On peut être vulnérable et puissant·e, fatigué·e et courageux·se, heureux·se et triste. Tout à la fois.
Des mots qui enveloppent, jamais qui pressent.
De la lumière, sans fausses promesses.
Dire les choses comme elles sont vécues.
Avancer pierre par pierre, à son rythme.
Prendre soin du beau, même dans les jours gris.
Tu restes aux commandes de ton parcours.
Pour toi, pour tes proches, sans jugement.
Plier sans se perdre, et se relever autrement.
Avoir peur, pleurer, douter : c'est permis.
Revenir à soi, peu à peu.
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